Bornes et limites séparatives

Un bornage revêt quelque chose de particulièrement « sacré ». Dans l’antiquité on se servait de tombeaux comme de bornes (Jules Michelet, Origines du droit français, Paris, 1837, p. 100, qui renvoie à Vico ; cf. le Kanun, cité par I. Kadaré, dans Avril brisé : "On ne peut pas plus toucher aux bornes des terres qu'aux ossements des tombes"). Dans la formule philosophique selon laquelle le peuple doit combattre pour la loi comme pour ses murailles (Héraclite, fragment 49), il est remarquable que ce soient les murailles, qui servent à exprimer l’inviolabilité de la loi, et non le contraire, une borne est donc en quelque sorte au-dessus de la loi. 

Nombreuses références aussi dans Fustel de Coulanges, La cité antique, 1864, tit. II, cap. 6. Dt 19 14, 27 17 ; Pr 22 28, 23 10 ; Jb 24 2. Chez les Étrusques, le lituus était un bâton terminé par une crosse qui servait pour les rites sacrés ; notamment pour le bornage des temples et déterminer les augures. De là proviendrait la crosse des évêques et le mot de « liturgie ».

 

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